Eurométropole de Strasbourg, créer de la valeur collective avec les ODD

« Créer de la valeur en commun » : tel est le titre de la note publiée par la Fondation des Territoires, le 27 novembre, à l’occasion du dîner entreprises et élus. Ce thème fait écho à l’Agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable, adoptée, le 25 septembre 2015, par l’ONU. Un Agenda, qui inspire l’Eurométropole de Strasbourg, dans son pilotage systémique des politiques publiques. Anne-Marie JEAN, Vice-présidente à l’économie de l’Eurométropole de Strasbourg, nous partage sa vision de la création de valeur en commun, et sa déclinaison, locale et globale.

La Fondation des Territoires est un espace de dialogue public – privé à l’écoute de l’innovation territoriale, créé en juin 2022, et préfiguré dès 2018.

Elle a pour missions de partager les expériences pionnières, d’expérimenter des solutions collectives et d’éclairer sur la diversité des moyens de co-construire des solutions territoriales pertinentes face à nos défis communs.

Elle a publié des notes de positions sur la charte du faire alliance, en 2021 ; la définition du territoire en 2022 ; les compétences en 2023 ; et l’innovation territoriale en 2024, avant la création de valeur en commun, en 2025 (documents accessibles depuis la page publications).

Que signifie, à vos yeux, « créer de la valeur en commun » ?

Anne-Marie JEAN (AMJ) : Cette expression comporte deux éléments. Le terme de « valeur » me fait penser à la valeur
monétaire, venant du monde de l’entreprise, mais surtout à compter ce qui compte le plus
pour nous : le bien-être, la construction de liens, la projection vers l’avenir.

L’environnement a aussi une valeur essentielle, les ressources de la nature ne sont pas
gratuites et inépuisables. Je me reconnais dans la formule : « Le PIB mesure tout, sauf ce
qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ».

L’expression « en commun » m’évoque ce que je vis depuis longtemps, sur un plan professionnel et dans mon engagement associatif : la force du collectif. Ensemble, on va plus loin, on construit des choses plus durables que seul, en travaillant en confiance dans l’intelligence collective. C’est vrai dans la vie associative, dans le domaine de la culture et aussi dans le monde de l’entreprise.

Plus le monde dans lequel on vit est complexe, plus on a besoin de croiser les points de vue : l’efficacité globale s’atteint en maximisant l’ensemble, de façon large et systémique.

Le Pacte pour une économie locale durable illustre cette dynamique collective. Comment avez-vous réussi à impulser et à structurer cette coalition de décideurs ?

AMJ : La transition écologique est la boussole de l’équipe élue en 2020, dont je fais partie. Mon rôle, c’est d’appliquer à l’économie cette boussole, en encourageant les entreprises à respecter les ressources naturelles et à les régénérer ; à respecter les parties prenantes et à faire grandir leurs salariés, et à contribuer à nourrir le territoire.

Comment faire évoluer l’économie vers la transition écologique ?

AMJ : La première action a consisté à réunir des entreprises de toute taille, de tout secteur (de TPE à groupe international, ESS …), pour identifier les freins, les thématiques et se questionner. Puis des groupes de travail ont permis d’aboutir, en un peu plus de deux mois (novembre
2020 à janvier 2021) à la Charte d’engagement réciproque d’un Pacte pour une économie locale durable. Ce Pacte contient 7 engagements, dont le premier est de « se connaître, se faire connaître et se faire confiance », 5 sont des thématiques plus classiques (résilience ; compétences ; innovation ; numérique ; rayonnement) et le dernier vise à suivre les actions, avec un baromètre.

A l’aune de ces ambitions, l’Eurométropole de Strasbourg a ajusté sa politique économique, et les acteurs économiques les ont mises en œuvre. Ces 7 axes ont ensuite été adossés aux ODD, ce qui n’avait pas été conscientisés dès le départ, même si la démarche systémique des ODD était dans l’esprit de ces premiers travaux.

Pourquoi Strasbourg plaide-t-elle pour l’intégration d’un 18e ODD sur la culture, depuis 2020 ?

AMJ : Cette initiative émane de l’association internationale CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis), qui fédère, des villes aux régions, des pouvoirs publics infra-étatiques.

Strasbourg est devenue le porte-voix de ce plaidoyer pour plusieurs raisons : la légitimité de la France sur l’exception culturelle, et le fait que Strasbourg soit la ville française la plus engagées sur les ODD.

Pourquoi cette implication sur la culture ?

AMJ : Parce que les ODD proposent un changement de regard, une transformation profonde de la vision politique et donc un changement culturel. J’entends par « culture » ce qui fait commun, ce dans quoi on se reconnaît. C’est fondamental la compréhension de chacun et de sa place dans la société : cela nous entraîne collectivement et nous tire vers le haut.

Yann Ulliac

En savoir plus : Eurométropole de Strasbourg & ODD, chiffres-clés économiques

L’Eurométropole de Strasbourg est devenue une référence de l’appropriation locale des ODD en France, cf. guide du Comité 21 « Construire une stratégie locale de développement durable – L’Agenda 2030 dans les collectivités » (11/2024) 

Chiffres-clés, selon le baromètre du Pacte économie locale durable de l’Eurométropole de Strasbourg (qui mesure 3 volets : la santé économique, le développement vertueux, et partage les actualités économiques et investissement clés) :

  • 211 987 emplois salariés privés, au 2e trimestre 2025
  • 2 116 créations d’entreprises au 4e trimestre 2024
  • Qualité de l’air dégradée : 100 jours par an en 2024 (baisse de 13% par rapport à 2023)
  • Taux de chômage : 7,4%, au 2e trimestre 2025 (zone d’emploi de Strasbourg)

Pour aller plus loin :

Evénements de lancement de publications :

Vision d’institutions nationales :

Mobilisation territoriale d’entreprises :

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