Les récits pour agir autrement, au cœur de la dynamique des projets de territoire
C’est au Salon des Maires, le 19 novembre 2025, qu’ANPP-Territoires de projet a dévoilé son vadémécum sur les récits pour faire territoire ensemble. Béatrice LATOUCHE, présidente déléguée de cette association d’élus, également maire de la ville du Lude, dans la Sarthe, et présidente du PETR Vallée du Loir, nous précise en quoi ce thème du récit est étroitement lié aux spécificités du fonctionnement et des missions menées par les pays et les territoires de projet.
L’ANPP-Territoires de Projet est une association d’élus, créée en 1997. Elle a pour objet d’appuyer l’expression et la bonne pratique des Pays/PETR, des GAL et de leurs Conseils de développement. Ce sont 262 Territoires de projet qui maillent 63% du territoire national, soit près de 50% de la population française
Depuis 2021, l’ANPP publie à chaque Salon des Maires un Vadémécum, dont le fil rouge est « faire territoire »: projets de territoires (2021), ingénierie de projet (2022), coopérations (2023), bonheur local (2024), et récits (2025).
Le Vadémécum « Faire territoire : Le récit pour agir autrement – Vadémécum pour une approche singulière du développement local >> » vient présenter les enjeux et la notion de récit territorial, pour penser l’engagement collectif et la construction du narratif différemment.
Votre association présente à ce 107ème Salon des maires un vadémécum sur les récits « Faire territoire : récit pour agir autrement ». Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?
Comment raconter autrement nos territoires, leurs histoires, leurs forces et leurs fragilités, leurs rêves et leurs combats ? Trop souvent, le langage des politiques publiques se noie dans des chiffres, des indicateurs et des objectifs techniques. Or, comment susciter l’adhésion ou la mobilisation sans donner d’abord du sens ? Comment mobiliser sans partager un récit commun, capable de relier les habitants, les élus, les acteurs économiques et associatifs à des valeurs et une même vision de l’avenir ?
Car le récit territorial n’est pas un simple instrument de communication. C’est un outil stratégique, profondément politique, au sens étymologique du terme. Ce récit crée du lien, nourrit l’imaginaire collectif et donne une direction partagée à l’action publique. C’est par lui que s’exprime l’identité́ d’un territoire, dans sa singularité́ et dans ce qui le relie aux autres. Sans récit, pas de cap. Sans cap, pas de mobilisation citoyenne.
Dans un contexte de défiance, d’incertitudes économiques, écologiques et sociales, redonner une voix aux territoires, c’est redonner une boussole aux habitants. Ce récit s’écrit depuis le terrain, à partir des vécus, des aspirations et des ressources locales. Il est pluriel, vivant, inclusif. Et surtout, il ne vise pas à imposer une vérité́, mais à ouvrir un horizon commun.
En explorant la notion de récit territorial, nous proposons un cadre de réflexion, des repères pratiques et des sources d’inspiration pour que, partout en France, les territoires puissent trouver, affirmer et faire résonner la singularité́ de leurs voix.
Comment les pays et les territoires de projet peuvent intégrer ce sujet ? Avec quelles ressources internes et externes ?
Les Territoires de projet le font par essence. En effet, ils sont là notamment pour traduire une action publique complexe, entre par exemple des outils réglementaires (SCoT, PCAET…) et des dispositifs contractuels (CRTE, LEADER…). Le récit, lorsqu’il est porté politiquement, est l’expression des aménités du territoire et de son avenir.
Ce récit constitue un outil évolutif de cohésion sociale et territoriale avec une vision partagée. Ce support de réflexion et de projection vers l’avenir articule des ingénieries internes et externes.
Quelles sont les spécificités de l’ingénierie dans les pays et PETR ?
De quelle ingénierie on parle ? Nous portons une ingénierie du développement local et des transitions, autrement dit une ingénierie publique territoriale de projet. D’une part, elle se distingue de l’ingénierie privée, mobilisée sur des sujets techniques, d’autre part, elle est publique de projet, dans la mesure où elle coordonne et met en cohérence des politiques complexes (eau, gestion foncière, agriculture, paysage, mobilité…).
Elle recouvre une diversité de spécificités : ingénierie d’animation et financière, mais aussi avec un rôle de conseil politique, management, juridique, RH, prospective, technique, avec des missions de veille et d’anticipation.
Vous portez un plaidoyer sur le financement de 1% de l’ingénierie pour des projets complexes sur le temps long (SCoT, CRTE …). En quoi consiste-t-il ?
Ce 1% ingénierie vise à sanctuariser 1% des volumes financiers dédiés à l’investissement (DSIL/DETR), pour le flécher sur l’humain et considérer que financer l’ingénierie est un investissement et non une charge. 400 agents est l’estimation que nous pourrions financer, soit l’ensemble des directions des Territoires de projet (Pays, PETR, pôles métropolitains ou parcs naturels régionaux).
Pour aller plus loin :
Événements de lancement de publications :
Pour en savoir plus sur les publications lancées le 18 novembre au Salon des Maires :
– Découvrez le reportage « Des outils pour agir ensemble face aux transitions »
Pour en savoir plus sur l’étude présentée le 20 novembre au Salon des Maires :
– Découvrez le reportage : « Fragilités économiques en territoires : état des lieux et perspectives », qui partage et met en perspective les résultats-clés d’une étude, menée avec la contribution de l’ANPP-Territoires de projet et de ses adhérents
Pour en savoir plus sur la note présentée le 27 novembre par la Fondation des Territoires :
– Découvrez le reportage : « Créer de la valeur en commun, entre élus et entreprises »
Innovation territoriale en milieu rural :
– Consultez l’article : « Territoire de montagne : défis et leviers du chef de projet innovation territoriale »
– Consultez l’article : « Redonner de la confiance et de l’élan au partenariat entre les Pays et la région Grand Est »
– Consultez l’article : « Éducation & résilience, le département de l’Aude met le cap sur la création de valeur en commun ! »
Vision d’une institution nationale sur les défis face aux transitions :
– Consultez l’article : « La création de valeur en commun, nouvelle boussole de la Fondation des Territoires ? »
