Fragilités économiques en territoires : état des lieux et perspectives
Du 18 au 20 novembre 2026, s’est tenu le 107e Salon des Maires, qui avait pour thème « Le meilleur en commun ». En partenariat avec la Fondation des Territoires, Territoires Audacieux a couvert ce salon, pour partager 3 temps forts de lancement de publications, utiles pour les agents et les élus de collectivités, mis en perspective par des acteurs territoriaux et nationaux.
Focus sur le second temps fort, qui relate les fragilités économiques lors d’un webinaire animé en direct du Salon des Maires par Le RAMEAU, en partenariat avec Sindup : « Economies & Territoires : quel état des lieux ? ».
Anne ROBIN, directrice scientifique de l’Observatoire des partenariats, y a dévoilé les principaux résultats de l’étude « Tendances & fragilités économiques », pilotée en partenariat avec l’Institut pour la Recherche de la Caisse des Dépôts, la Fondation FACE, le Fonds ODD 17, l’ORSE, le Réseau Alliances et Le RAMEAU. Réalisée par Comisis-OpinionWay, et menée auprès de dirigeants d’entreprises, de collectivités et d’associations, elle a mis en lumière les besoins majeurs des acteurs économiques et les dynamiques territoriales.
Face aux fragilités économiques, trois besoins prioritaires ont été exprimés par ces acteurs : évoluer avec de la visibilité et une stabilité réglementaire ; lever les risques de trésorerie à court terme (72% pour les associations, 40% pour les entreprises, et 22% pour les collectivités) ; et conduire le changement au sujet de la transition écologique.
Les acteurs sont lucides sur la fragilité de leurs territoires, jugés en difficulté. Ils misent sur des dynamiques de coopérations territoriales saluées par 96 % pour lutter contre les fragilités et faire émerger des nouveaux moteurs de développement durable.
Pour entreprendre, l’attachement au territoire apparaît pour 88% des répondants comme un fort vecteur de développement pour tous les acteurs.
La dynamique des partenariats sociétaux dans l’étude pilote révèle que 57 % ont déjà mis en place des partenariats qui (ré)concilient économie et intérêt général, et 10 % pensent le faire dans les 6 mois.
Pour favoriser la mobilisation et l’engagement de tous dans les transitions, le principal levier est le partage d’une vision des enjeux, et prioritairement sur leur territoire d’ancrage.
Ce décryptage a été mis en perspective par un retour d’expérience national et territorial de répondants : la Fondation FACE et FACE Occitanie.
Timothée DELACOTE, délégué général de la Fondation FACE, a précisé que cet écosystème fédère 6 000 entreprises au sein de clubs territoriaux FACE présents en France métropolitaine et ultra-marine.
Au regard des fragilités économiques, il a commenté cette étude avec trois observations-clés. Il a alerté sur la responsabilité des pouvoirs publics (Etat et collectivités) à mettre en danger les associations, par rapport à la fragilisation de leur modèle socio-économique, et au risque de limiter les impacts positifs de leurs actions sur les territoires. Puis, il a confirmé que les coopérations s’accéléraient, et permettaient d’accroître l’utilité et la réussite de projets menés. Enfin, il a partagé des réflexions sur de nouveaux mécanismes de soutien aux associations, à l’instar de l’appel à projet « s’engager dans nos quartiers », et de nouvelles logiques philanthropiques, par exemple avec la création de consortiums locaux de fondations.
Anne-Valérie CRESPO-FEBVAY, trésorière de FACE Occitanie, a réagi aux résultats de l’étude et à l’évolution de l’engagement territorial de l’entreprise. Le bassin de vie correspond à l’échelle de territoire adaptée pour agir dans une dynamique collective. Ainsi, les 1491 entreprises engagées de FACE Occitanie, au sein de 7 clubs et sur 8 départements, consacrent 18 000 heures de bénévolat, en intervenant sur une diversité de sujets et de publics : médiation sociale, accompagnement à l’orientation et à l’insertion, auprès d’élèves de collège et de lycée, et de jeunes.
Articulant veille et proximité, le programme « Territoires apprenants » a été dévoilé par Mickaël REAULT, fondateur de la PME angevine Sindup, experte en veille stratégique, avec des partenaires du consortium de ce programme : Pascal DESFARGES, directeur de l’agence RETISS et Mickaël CLEMENT, directeur du tiers-lieu nourricier du Sud Touraine.
Face au constat d’une richesse d’informations, peu partagée, ce programme a été conçu pour hybrider une vision ascendante (culture partagée, localement) et descendante (veille stratégique) du territoire. L’ambition de ce dispositif est de contribuer, de façon transversale, à construire un récit, un autre imaginaire, avec l’appui d’un binôme, composé d’un veilleur-analyste et d’un animateur-conseiller.
Fort de son expérience dans l’accompagnement des transitions, Jean KARINTHI, co-fondateur du tiers-lieu rural L’Hermitage, dans l’Oise, a recommandé de veiller à une triple articulation : 1er kilomètre des besoins et dernier kilomètre des solutions ; numérique et ingénierie locale ; société civile et collectivités territoriales.
Pour aller plus loin :
Mise en perspective de l’étude « Tendances & fragilités &économiques » :
- Consultez l’article : « Redonner de la confiance et de l’élan au partenariat entre les Pays et la région Grand Est »
- Consultez l’article : « Comment les clubs de FACE Occitanie contribuent-ils à amortir les fragilités socio-économiques ? »
Evénements de lancement de publications :
- Découvrez le reportage : « Des outils pour agir ensemble au service des transitions » qui présente des outils lancés au Salon des Maires sur l’ingénierie, le récit et le financement, pour agir localement en coopération.
- Découvrez le reportage : « Créer de la valeur en commun, entre élus et entreprises », qui met en relief trois initiatives inspirantes, du local au national, pour agir ensemble face aux transitions.
