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L’entrepreneuriat local sur les bons rails avec le tiers-lieu Au Quai des Possibles

L'entrepreneuriat accède à une conférence sur l'IA au Buisson-de-Cadouin.

En plein centre-bourg du Buisson-de-Cadouin, le tiers-lieu associatif Au Quai des Possibles tend à booster l’entrepreneuriat local en proposant des formations, un accès aux ressources d’aides et un accompagnement au plus proche.

Avec son président Stéphane Corthier, nous décryptons leurs actions, les premiers résultats apparents et les besoins à combler afin de relever au mieux le défi d’implanter une association sur le territoire. Entretien.

L’entrepreneuriat freiné par un territoire isolé et en manque de ressources

Quel diagnostic ou quelles observations de terrain ont conduit à la création du Quai des Possibles au Buisson-de-Cadouin ?

Le constat de départ est l’absence totale de lieux destinés aux entrepreneurs et aux entreprises pour se rassembler, créer des liens, soutenir et dynamiser le développement économique local sur le territoire. Le Buisson-de-Cadouin se situe à 45 minutes de Bergerac, de Sarlat et de Périgueux, là où se concentrent la plupart des services économiques et sociaux. Pour les acteurs locaux, cela représente une heure de trajet pour de nombreuses démarches.

Quelles sont les trois dimensions qui charpentent les objectifs du Quai des Possibles ?

Nous apportons d’abord une dimension majeure de soutien au développement économique ; puis une dimension culturelle visant à soutenir les associations existantes, sans créer une offre redondante ; et enfin une dimension dédiée au coworking, avec des postes professionnels permettant de rompre l’isolement des télétravailleurs et de répondre à leurs besoins techniques.

Concrètement, à quoi va servir le Quai des Possibles ?

L’objectif est d’en faire un véritable pôle d’animation culturelle et économique, connu de tous, où l’on peut venir pour une exposition, un café, rencontrer des entrepreneurs ou accéder à des permanences administratives. Un lieu vivant, accessible et central dans la vie du bourg du Buisson-de-Cadouin et au-delà.

Comment accompagnez-vous les entreprises et les entrepreneurs locaux ?

Nous sommes plusieurs anciens dirigeants ou cadres supérieurs et souhaitons accompagner les porteurs de projets pour dynamiser l’activité locale. Nous servons de relais entre les structures locales, nationales et départementales, réfléchissons à la création d’un club d’entrepreneurs et avons déjà engagé des contacts avec des dirigeants du territoire. Nous voulons également proposer des formations professionnelles, des conférences et des espaces adaptés pour les professions libérales.

L’entrepreneuriat comme cœur d’action pour redonner vie à l’association

De quelle manière pouvez-vous développer et dynamiser le tissu associatif local ?

Nous mettons à disposition des salles et du matériel, encourageons les expositions, conférences et animations, et relions les initiatives locales en coopération avec le cinéma municipal et la médiathèque du Buisson-de-Cadouin. La proximité des trois lieux facilite la mise en place d’expositions thématiques, d’événements croisés et d’une animation continue du centre-bourg.

Comment est née l’idée de créer ce tiers-lieu, et qui en a été à l’origine ?

L’association existait déjà mais était en sommeil. Lorsque j’en suis devenu président en 2024, j’ai entrepris de la réactiver. Le projet aboutit aujourd’hui grâce à l’obtention d’un bâtiment. Nous tablons sur une ouverture début 2026, une fois les aménagements réalisés.

Quelles inspirations ou modèles ont nourri votre réflexion au moment de concevoir le projet ?

Nous avons tous fréquenté des espaces de coworking en tant qu’anciens télétravailleurs, mais ce ne sont pas ces lieux qui ont inspiré le projet. C’est avant tout le diagnostic local qui a façonné la vision, notamment le manque d’animation économique et sociale. Cette réalité nous a conduits à recentrer le tiers-lieu sur une vocation économique prioritaire.

L'entrepreneuriat local a son tiers-lieu dédié au Buisson-de-Cadouin

Ancrer l’aide à l’entrepreneuriat, en coopération avec la municipalité du Buisson et par la mobilisation des réseaux

Quelles ont été les grandes étapes de la mise en œuvre du Quai des Possibles, depuis l’idée initiale jusqu’à l’ouverture effective du lieu ?

Une première phase a été consacrée à de longues discussions avec la SNCF, propriétaire du premier bâtiment que nous ciblions. Cela a retardé l’avancée du projet. Le véritable tournant a eu lieu lorsque la mairie du Buisson a proposé un autre bâtiment, à l’été 2025. Les élus ont immédiatement perçu l’intérêt d’un tiers-lieu à vocation économique dans le centre-bourg. Sans lieu identifié, il était impossible de solliciter des partenaires institutionnels ou d’activer pleinement les adhérents.

De quels moyens humains et financiers avez-vous disposé pour faire émerger le projet ?

Nous disposons d’un petit fonds de roulement issu d’anciennes subventions et avons réactivé les adhésions. La mairie nous soutient fortement par la mise à disposition des locaux, la prise en charge de 20 à 30 000 euros de travaux et un relais de communication. Les recettes viendront ensuite de la location de salles et de postes de coworking, ainsi que d’événements ponctuels. Nous avons fait le choix de ne pas salarier afin de préserver un modèle économique léger.

Comment s’est construite la coopération avec les acteurs locaux (collectivités, associations, entreprises, habitants) ?

Au-delà de la mairie du Buisson, la communauté de communes Bastides Dordogne Périgord soutient le projet et pourrait organiser des permanences économiques dans nos locaux. Nous avons entamé des échanges avec la mission locale, des clubs d’entrepreneurs et diverses associations professionnelles. Le réseau d’adhérents, aujourd’hui d’environ 80 personnes, est diversifié et constitue un socle solide pour développer des actions variées.

Quelles formes de dynamisation ou de création de lien social constatez-vous aujourd’hui grâce au Quai des Possibles ?

La dynamique associative s’est clairement relancée. Certains retraités souhaitent proposer du soutien scolaire, des associations culturelles veulent exposer, d’autres habitants imaginent des conférences ou des animations. Le lieu devient progressivement un espace où chacun peut proposer, participer et – très important – se rencontrer.

Attirer puis fidéliser les adhérents autour d’un pôle actif et vivant

Quelles ont été les principales embûches ou limites rencontrées depuis la création du projet ?

Tant que le lieu n’était pas sécurisé, nous ne pouvions pas mobiliser nos adhérents ni solliciter pleinement les partenaires institutionnels. L’une des priorités est désormais d’activer l’ensemble des adhérents pour mettre en œuvre les nombreuses idées exprimées.

Quels sont, selon vous, les leviers essentiels pour consolider et développer l’activité du Quai des Possibles dans les prochaines années ?

Nous devons trouver des sponsors, terminer l’équipement du lieu (postes de coworking, matériel informatique, etc.) et renforcer nos coopérations avec le tissu local.

Des propos recueillis le 17 octobre 2025 par Valentin Nonorgue.