CAP Nord Martinique (972) : le NORMA’Bus rapproche les services publics des habitants et agit en faveur de l’inclusion numérique

Cette semaine, la lettre de l’impact positif s’intéresse au NORMA’Bus, un dispositif déployé par CAP Nord Martinique. Face aux inégalités d’accès aux services publics et aux difficultés croissantes liées à la transition numérique, la collectivité a souhaité apporter une réponse concrète aux habitants du territoire.

Suite à la mise en évidence d’une problématique majeure de mobilité, CAP Nord Martinique a fait le choix d’un guichet mobile labellisé France Services. Pensé comme un espace itinérant d’accueil, d’accompagnement aux droits et d’inclusion numérique, ce bus s’installe dans les quartiers les plus inaccessibles du territoire. Au programme, des agents à la disposition des habitants pour répondre à leurs questions mais aussi les aider à monter en compétence.

Pour en savoir plus, retrouvez l’interview des trois porteurs de projet :

Anne-Lise Thomas, directrice du développement numérique du territoire

Marie-Line Quibon  Directrice du développement social de l’emploi et de l’insertion

Yannice Sebastien, Chargé de développement social

Mise en place du projet

Quel constat vous a mené à cette initiative ? 

Tout d’abord un constat fait par les élus de CAP Nord Martinique et un questionnaire lancé auprès des acteurs du champ social intervenant sur le Nord : des inégalités d’accès aux services publics liées principalement à une problématique de mobilité, et les difficultés rencontrées par les personnes principalement d’accès aux droits du fait de la complexité des démarches administratives due à la généralisation de la dématérialisation.
Cette démarche s’appuie également sur un constat préoccupant : l’indice de fragilité numérique du Nord, le plus élevé du territoire martiniquais atteint 7,9.
Le choix s’est donc porté sur un guichet mobile, sous la forme d’un bus aménagé et équipé, allant à la rencontre des usagers des quartiers les plus reculés des villes du Nord.

Quelles ont été les différentes étapes pour mettre en place l’initiative ?

La mise en place de notre initiative s’est structurée en plusieurs étapes clés. Nous avons d’abord travaillé à la définition précise du projet et de ses objectifs, puis constitué une équipe projet dédiée pour en piloter le déploiement. Parallèlement, nous avons élaboré les demandes de financement nécessaires à sa concrétisation. Une étape importante a été l’obtention du label France Services, qui a structuré notre cadre d’intervention. Nous avons ensuite lancé un appel d’offres pour l’acquisition du bus, incluant sa construction et son aménagement complet en bus numérique. Les équipes chargées de sa maintenance ont été formées, tandis que nous procédions à l’acquisition des équipements informatiques. Nous avons également recruté et formé l’équipe composée de deux conseillères France Services ainsi que d’un chauffeur. Une fois ces éléments réunis, nous avons organisé la logistique du circuit dans les communes, avant de procéder à l’inauguration officielle. Enfin, le dispositif a été déployé opérationnellement sur le territoire, accompagné d’une stratégie de communication pour en assurer la visibilité et l’appropriation par les habitants.

Comment les différents services ont-ils collaboré pour travailler en amont de cette initiative ?

La réussite du projet repose sur une collaboration étroite entre plusieurs services de CAP Nord Martinique : la Direction Développement Social -Emploi et Insertion et la Direction Développement Numérique du Territoire pour la conception et la coordination du projets , la Direction Informatique Réseaux et Télécommunications, la Direction de la Communication, le Service Gestion de Flotte automobile pour la rédaction des clauses techniques de l’appel d’offres et le suivi technique de l’exécution du marché , la Direction de la Commande Publique ainsi que le Service Logistique. Cette coopération a donné lieu à de nombreuses séances de travail et échanges visant à garantir la faisabilité et le bon déploiement opérationnel du projet.

Quelles ont été les difficultés rencontrées sur la partie appel d’offres ? 

La première consultation ayant été infructueuse, une nouvelle procédure a dû être lancée, intégrant cette fois-ci un les contraintes liées à la topographie spécifique du territoire afin de garantir l’adaptation du véhicule aux conditions locales.

Le projet aujourd'hui

Comment avez-vous réussi à aménager le bus pour le rendre compatible avec les services proposés ? 

Le projet a fait l’objet d’une longue réflexion afin d’optimiser un espace mobile à la réception et l’accueil du public dans les meilleures conditions possibles. Une attention particulière a également été portée à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Ces contraintes avaient été précisées dans les documents de consultation dans le cadre de l’appel d’offres lancé.

Comment l’initiative fonctionne-t-elle au quotidien ?

Le NORMA’Bus fonctionne cinq jours par semaine, pour une amplitude de 24 heure hebdomadaire. Le service s’organise autour de l’arrivée et de la mise en place du bus, du pré-accueil assuré par le chauffeur, puis des entretiens individuels et de l’accompagnement des usagers selon leurs besoins.
Le dispositif mobilise un chauffeur polyvalent, deux Conseillères France Services, deux Conseillères Numériques ainsi qu’un coordonnateur.

Comment travaillez-vous avec les communes pour le déploiement du NORMA’Bus ?


Les 18 communes du territoire bénéficient des services du NORMA’Bus. Elles ont été étroitement associées au choix des emplacements afin d’atteindre les publics les plus éloignés des services publics. En amont des déplacements, la Direction de la communication transmet un flyer et un communiqué de presse pour diffusion. Les communes garantissent également la disponibilité des lieux (balisage) et peuvent proposer des locaux pour l’organisation d’ateliers collectifs.

Quelles sont les activités proposées au sein du NORMA’Bus ? 

Le NORMA’Bus propose des services d’accès aux droits, des actions d’inclusion numérique à travers des ateliers collectifs ou des accompagnements individuels, ainsi que des permanences ponctuelles de partenaires besoins des administrés.

À côté de ces activités, vous avez une logique événementielle… 

Outre les permanences proposées par les 12 partenaires associés à la labellisation France Services et les conseillères numériques de CAP Nord Martinique, le bus participe aux évènements d’actualité, tels que le Mois sans Tabac, des permanences du Plan local pour l’insertion et l’emploi (PLIE) de l’EPCI et de tout service de CAP Nord en fonction des besoins. Nous avons aussi participé aux journées Portes Ouvertes France Services ou la Semaine du Numérique avec France Travail.

Dupliquer le projet

Quel a été le coût de l’initiative
 ?

Le coût total de l’initiative s’élève approximativement à 313 000,00 €

Quels financements sont apportés par l’intercommunalité ? Et par ses partenaires ?

CAP Nord Martinique est intervenue à hauteur de 20 %. Les Autres financements étant répartis entre l’Etat, la CAF, les Fonds FEDER FSE et la CTM.

Quels conseils donneriez-vous à une collectivité souhaitant développer un projet similaire
 ? 

Il est recommandé de définir clairement les objectifs, de réaliser un diagnostic territorial approfondi, de construire un partenariat solide avec les communes et les acteurs locaux, de prévoir un modèle économique et logistique durable, de communiquer efficacement et de veiller à une forte réactivité des services impliqués.

 

Propos recueillis par Baptiste Gapenne 

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