Le PETR de la Déodatie (88) et Sylv’Acctes : une alliance pour une forêt résiliente

Cette semaine, la lettre de l’impact positif s’intéresse au Pôle d’Équilibre Territorial et Rural (PETR) de la Déodatie, situé dans les Vosges. En 2024, il a adhéré à l’association Sylv’Acctes pour trois ans. Ce partenariat a déjà permis de financer des travaux sylvicoles sur 92 hectares afin d’adapter les forêts aux défis du changement climatique. Quel est l’intérêt de cette collaboration et comment Sylv’Acctes accompagne-t-elle les territoires ?

Le PETR de la Déodatie possède une charte forestière depuis 2011, avec plusieurs axes d’action, notamment l’adaptation des forêts au changement climatique. Or, le constat était alarmant : de nombreux propriétaires forestiers, publics comme privés, n’investissaient plus dans leurs forêts, les percevant comme une source de revenus sans nécessité d’aménagement. « Si les investissements et aménagements ne sont pas faits tout au long de la vie des peuplements, ils deviennent plus vulnérables face aux effets du changement climatique », explique Pauline Barrier, chargée de mission Trame Verte et Bleue au PETR.

L’adhésion à Sylv’Acctes a permis de mobiliser rapidement des financements et d’accompagner techniquement les acteurs locaux. En 2024, 16 propriétaires (12 communes et 4 propriétaires privés) en ont profité pour réaliser des travaux sylvicoles adaptatifs, soit une aide de 58 000 € sur les 113 000 € de travaux. « En trois ans, notre territoire a reçu plus d’aides que ce que nous avons investi pour adhérer au dispositif », souligne Pauline Barrier.

Le PETR de la Déodatie possède une charte forestière depuis 2011, avec plusieurs axes d’action, notamment l’adaptation des forêts au changement climatique. Or, le constat était alarmant : de nombreux propriétaires forestiers, publics comme privés, n’investissaient plus dans leurs forêts, les percevant comme une source de revenus sans nécessité d’aménagement. « Si les investissements et aménagements ne sont pas faits tout au long de la vie des peuplements, ils deviennent plus vulnérables face aux effets du changement climatique », explique Pauline Barrier, chargée de mission Trame Verte et Bleue au PETR.

L’adhésion à Sylv’Acctes a permis de mobiliser rapidement des financements et d’accompagner techniquement les acteurs locaux. En 2024, 16 propriétaires (12 communes et 4 propriétaires privés) en ont profité pour réaliser des travaux sylvicoles adaptatifs, soit une aide de 58 000 € sur les 113 000 € de travaux. « En trois ans, notre territoire a reçu plus d’aides que ce que nous avons investi pour adhérer au dispositif », souligne Pauline Barrier.

Un accompagnement basé sur la concertation

Créée en 2015, l’association Sylv’Acctes réunit 150 membres, exclusivement des personnes morales (collectivités, entreprises…). Elle agit dans un cadre d’intérêt général. Son objectif est d’accompagner les territoires pour faire évoluer leurs pratiques de gestion forestière et assurer la continuité des services rendus par les forêts : production de bois, qualité des paysages et de l’eau, protection de la biodiversité…

« La gestion durable est imposée par le Code forestier en France et constitue le minimum légal, rappelle Loïc Casset, le délégué général de Sylv’Acctes. Nous on parle de gestion vertueuse même si le terme est galvaudé. Car ce qu’on finance est issu d’une concertation territoriale. »

L’accompagnement se déroule en plusieurs phases. D’abord, une démarche de concertation allant de 4 à 6 mois. Elle vise à définir les problématiques du territoire, préfigurer les outils de financement nécessaires aux opérateurs forestiers et construire une ébauche de politique forestière du territoire. Ensuite, les acteurs entrent tout de suite dans l’opérationnel. L’association accompagne financièrement les propriétaires qui s’engagent à mettre en œuvre les pratiques issues de la concertation. « Nous apportons une expertise d’animation des acteurs mais aussi sylvicole, insiste Loïc Casset. Nous sommes en capacité de mener des discussions très techniques avec les gestionnaires des forêts. Dans l’équipe, la plupart des salariés sont ingénieurs forestiers. En matière de financement, nous donnons une réponse sur une demande de financement en 30 jours et à réception des pièces justificatives, on paie également dans un délai de 30 jours. »

Sylv’Acctes finance principalement des actions favorisant la diversité des essences et des structures forestières. Parmi les interventions soutenues, on retrouve la régénération naturelle, qui favorise l’installation progressive d’une forêt plus diversifiée et résiliente ; la diversification des peuplements en introduisant différentes essences adaptées aux conditions locales et au climat futur ; et la stratification des peuplements. En maintenant une superposition d’arbres de différents âges et tailles, la canopée est protégée des impacts des événements climatiques extrêmes.

« L’objectif de leur action est d’aller chercher des subventions ou du mécénat, reprend  Pauline Barrier. Ceux qui donnent des subventions n’en font pas la promotion donc il n’y a pas de greenwashing possible. Soit ça entre dans une politique RSE soit c’est un investissement. Beaucoup d’acteurs de la filière aval financent les actions forestières car il leur faut une forêt en bonne santé pour leurs activités de demain » précise-t-elle.

Les itinéraires sylvicoles adaptatifs : une gestion forestière sur le long terme

Pour que les propriétaires intègrent ces actions dans leurs parcelles forestières, des itinéraires sylvicoles adaptatifs sont élaborés. Ils consistent à préparer une forêt à évoluer progressivement pour résister aux changements climatiques. « On part d’un peuplement homogène, par exemple une forêt de sapins et d’épicéas du même âge, et on planifie sur plusieurs décennies des interventions qui favoriseront une plus grande diversité d’essences et d’âges », développe Pauline Barrier.

Quatre itinéraires ont été développés au niveau du PETR. Ils sont définis localement grâce à un document cadre, le Projet Sylvicole Territorial (PST) qui permet d’adhérer à Sylv’acctes. Une fois le PST validé et les subventions accordées, l’association assure le suivi des travaux et contrôle les engagements sur 10 ans. « Un technicien de Sylv’Acctes a rédigé les trames de ces itinéraires avec les propriétaires forestiers, ensuite l’association obtient des financements, elle fait tout pour nous » résume la chargée de mission Trame Verte et Bleue au PETR. En trois ans, le dispositif lui a tout de même occupé 10% de son temps de travail. Le PETR a formé les gardes Office National des Forêts (ONF), les chargés de missions de la chambre de l’agriculture et du centre régional de la propriété forestière (CRPF) pour qu’ils aident les communes à monter les dossiers. « Nous avons aussi fait des réunions d’informations auprès de propriétaires publics ou privés pour les inciter à déposer des demandes de financement auprès de Sylv’Acctes, développe Aurélien Bansept, le président du PETR de la Déodatie. Pour cela, nous sommes allés en forêt. »

« Le premier dossier est dur à aller chercher », concède Pauline Barrier. Les élus et les propriétaires étant souvent très sollicités sur divers projets, la communication doit être constante. « Mais une fois qu’un propriétaire a bénéficié du dispositif, remarque-t-elle, il est très souvent proactif et vecteur auprès d’autres acteurs. C’est pour ça qu’on met beaucoup d’énergie pour aller les chercher. » 

De son côté, Sylv’Acctes fait face à plusieurs défis. Les levées de fonds ne sont pas simples, surtout lorsqu’il s’agit d’expliquer des démarches techniques et complexes, inhérentes au fonctionnement d’un écosystème naturel. Ensuite, l’association constate une raréfaction des compétences. « Alors qu’on a de plus en plus besoin d’opérations très techniques, fines, face au changement climatique, on voit des gens moins qualifiés, raconte le délégué général de Sylv’actee. Nous travaillons avec l’association Pro Silva et en lycée forestier pour maintenir un niveau d’exigence des qualifications. »

Enfin, le milieu forestier est touché par une forte concentration des acteurs. La gestion forestière est dominée par quelques grandes coopératives, ce qui limite la diversité des approches et oriente la filière vers une exploitation à court terme, parfois au détriment de la qualité du bois.

Un modèle vertueu en pleine croissance

L’association travaille également avec des métropoles et des grandes villes, consommatrices des espaces forestiers. Par exemple, Sylv’actee travaille avec la métropole de Grenoble sur les enjeux forestiers. « On se fixe un horizon commun et on se donne les moyens technique et financier d’y arriver » s’enthousiasme le délégué général.

En quelques années, l’association est passée de 90 hectares de forêts accompagnés à 2000 hectares. « Dans le Grand Est par exemple, Antoine Kremer, directeur de recherche émérite à l’INRAE et spécialiste de l’évolution des arbres face aux impacts environnementaux et à l’action de l’Homme. Son regard, finalement pa Nous intervenons là où la compétence n’était pas pourvue » indique Loïc casset. 

« Nos structures actrices du milieu forestier (l’ONF, le CRPF et la chambre d’agriculture) avaient besoin de ce coup de pouce financier et technique pour que les propriétaires et les communes améliorent la résilience de leur peuplement forestier » conclut Pauline Barrier.

 

Léa Tramontin

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