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Festival Ôrizons à Monbazillac : informer et débattre pour mieux comprendre les migrations

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Le festival Ôrizons, dédié aux cultures du Proche-Orient et d’Afrique du Nord, investit pour la première fois le territoire rural du Bergeracois. Le 24 mai à Monbazillac, une soirée gratuite mêlera débat d’idées, performance cartographique et concert touareg, avec la participation de l’Institut du Monde Arabe.

Dans un contexte de repli identitaire local, l’événement entend décloisonner les regards sur les migrations. Une initiative expérimentale qui mise sur l’écoute et le dialogue plutôt que sur la confrontation. Entretien avec Rebecca Devine, directrice du festival Ôrizons.

Pouvez-vous nous présenter le festival Ôrizons et son implantation dans le Bergeracois ?

Le festival Ôrizons est consacré aux arts et cultures du Proche-Orient et d’Afrique du Nord. C’est un festival pluridisciplinaire basé principalement à Périgueux, mais qui rayonne sur tout le département de la Dordogne. Il existe depuis 17 ans et propose aussi des actions culturelles tout au long de l’année, notamment avec les scolaires.

Que se passe-t-il cette année à Monbazillac ?

Cette année, on propose une étape du débat itinérant lancé avec l’Institut du Monde Arabe sur le thème des migrations. Ce sera la première fois qu’un événement de ce type est organisé en milieu rural. Le 24 mai, on investit la maison Vari, à Monbazillac, en partenariat avec la librairie La Colline aux Livres (Bergerac). Ce choix s’est imposé à nous car c’est un village viticole — et donc concerné par les migrations — et aussi parce que ce territoire est marqué par un certain repli identitaire. Il nous semblait important d’y créer un espace d’échange.

Comment se déroule la soirée du 24 mai ? Est-ce un événement ouvert à tous ?

Oui, c’est en accès libre et gratuit. Ça commence à 18h par un grand entretien avec Nejma Brahim, journaliste spécialiste des migrations à Mediapart. Ensuite, on propose une performance cartographiée de Philippe Rekacewicz, chercheur basé en Norvège. Et la soirée se termine par un concert de Mossa Kidan, qui joue du blues touareg.

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Quel est l’objectif de ce débat et comment espérez-vous toucher un public large, parfois peu sensibilisé à ces sujets ?

On ne vient pas pour convaincre, on vient pour informer, créer un espace où les gens peuvent écouter et réfléchir. On sait que c’est un sujet très polarisé, et qu’il y a des préjugés tenaces. On essaie de s’adresser aussi à ceux qui doutent, à ceux qui ont l’intuition que les migrations peuvent être une chance, mais ne savent plus comment en argumenter les bénéfices. Notre objectif est de sortir du cercle des convaincus pour brasser un public le plus large possible.

Comment est structuré le débat et qui l’anime ?

À la suite de l’entretien avec Nejma Brahim et de la performance de Philippe Rekacewicz, il y aura un temps de débat ouvert, animé par Baptiste de la Colline aux Livres. On voulait vraiment que ce soit une figure culturelle locale qui assure cette médiation, et non pas un journaliste parisien qui ne serait pas forcément au fait du contexte sociétal de la ruralité en Grand Bergeracois.

Quel soutien financier accompagne cet événement ?

On est soutenus par la Délégation interministérielle à la Méditerranée. Cet événement s’inscrit dans un programme plus vaste intitulé Passeur d’idées d’une rive à l’autre de la Méditerranée, qui vise à développer le débat d’idées autour de la Méditerranée. La Dordogne est une première étape. Par ailleurs, nous avons également l’appui de l’Institut français, de la Région Nouvelle-Aquitaine, de la DRAC, du CCFD Terre Solidaire et du Fonds de développement de la vie associative.

Propos recueillis le 14 mai 2025, par Valentin Nonorgue.