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Patrimoine en Musique fait vibrer les églises du Grand Bergeracois

Patrimoine en musique fait vibrer les églises du Grand Bergeracois

À travers le tour “Patrimoine en Musique”, Philippe Conti propose une expérience singulière, à la croisée du concert de la chanteuse Lily Jung et de la valorisation du patrimoine de Dordogne.

Pensé comme un véritable parcours culturel entre avril et octobre 2026, l’événement met en lumière les églises du Grand Bergeracois tout en explorant leur acoustique unique.

Quel est l’objectif du tour de Patrimoine en Musique ?

Philippe Conti : C’est d’allier le patrimoine et la musique en proposant plus que de simples concerts. Le but est de mettre en lumière des chapelles et des églises. De parler du lieu puis d’y introduire la musique. Nous organisons 10 dates entre avril et octobre 2026. Cela se passe toujours un vendredi à 18h30. Avec le début de concert toujours à 19h00.

Dès le lancement du tour, le 10 avril, le public est invité à vivre une expérience immersive où chaque détail est pensé pour faire dialoguer le lieu et l’artistique.

Quelle artiste performe lors des concerts organisés ?

P.C. : La chanteuse Lily Jung, qui est professeure de chant à Pékin, a une formation lyrique. Elle sait comment adapter sa voix aux caractéristiques acoustiques propres aux églises. Par sa maîtrise du chant, elle arrive à s’adapter au fil de ses toutes premières notes de chant traditionnel afin de générer une ambiance particulière. Les partitions qu’elle interprète nous font voyager entre la Mongolie, le Tibet, la Chine, la Roumanie, la Bulgarie, le Congo et la Sibérie.

Comment la musique offre-t-elle un aperçu différent des églises et chapelles ?

P.C. : C’est une occasion de faire découvrir aux spectateurs une nouvelle version de l’acoustique de la chapelle ou église qu’ils côtoient habituellement. Entre la grande église de Belvès ou la petite chapelle du Buisson, elle s’adapte au lieu et à ses particularités.

Mais “Patrimoine en Musique” ne se limite pas à la performance artistique. Il s’inscrit aussi dans une démarche de reconnaissance de celles et ceux qui font vivre ces lieux au quotidien.

Le but est aussi de mettre en lumière les personnes qui s’occupent des églises. On les appelle les répondants et les répondantes. Ils sont chargés d’ouvrir, allumer, fleurir et conserver les églises en bon état.

Vous proposez une entrée “libre et consciente”. Qu’est-ce que cela signifie ?

P.C. : Selon ses moyens, on donne ce que l’on peut et ce que l’on veut. Les gens comprennent que c’est un sacré travail qui est fait pour convaincre les églises de prendre le pari d’accueillir Lily Jung et sa prestation originale.

Au-delà du concert, comment s’articule l’événement ?

P.C. : Nous suivons une scénographie précise, mêlant prises de parole et moment musical. Cela se fait par une petite prise de parole pour introduire le propos. Puis le curé de l’église en question est invité à évoquer la bâtisse où nous sommes le jour-même. Je présente le ou la répondant.e. 

Ensuite, nous avons un intervenant différent à chaque date. À Belvès, ce vendredi 10 avril, ce sera Enrico Realacci, architecte de l’hôtel du Cheval Bleu de Monpazier et du centre de Coworking Hemera à Belvès. Avant de travailler en Dordogne, cet esthète du bâtiment a imaginé la photothèque du musée du Vatican ainsi que ⁠⁠la bibliothèque et les archives historiques de la présidence du conseil des ministres italien.

Lumière, symbole, architecture, acoustique : le tout en 12 minutes top chrono. Enfin, c’est Lily Jung qui entre en scène pendant 1h15.

L’événement se prolonge au-delà du concert. De quelle manière favorisez-vous la rencontre et la transmission ?

P.C. : Pour clôturer l’événement, les spectateurs peuvent rencontrer et échanger avec la chanteuse, l’intervenant et avec l’organisateur. Si les choristes des alentours sont intéressés, nous proposons l’atelier “Libérez votre voix” avec Lily Jung, soit le lendemain de la date soit dans la semaine autour de l’événement. La spécialiste apprend pendant 2 ou 3 heures à libérer la voix au sein des églises à l’acoustique si particulière et précieuse.

L’association La Halle Musicale organise le projet. Comment fonctionne-t-elle ?

P.C. : Nous sommes deux à la porter : moi-même et la trésorière, qui a 80 ans. Nous fonctionnons sans financement, à la simple sueur de notre front et avec notre foi en la puissance de la musique et la beauté des lieux qui nous accueillent.

Chaque soirée est imaginée avec une attention particulière portée au rythme et à la qualité de l’expérience… 

P.C. : Il faut s’habituer à parler convenablement dans une église. Je contrôle également avec minutie le temps de parole en amont du concert. Car je souhaite que le lieu et la musique soient vraiment les stars de l’événement. Pas de fioriture ni de longueur qui risqueraient de plomber les spectateurs.

Comment avez-vous rencontré la chanteuse Lily Jung ?

P.C. : Lily Jung est exceptionnelle. Lors d’un concert à Monpazier en novembre 2025, j’ai été scotché, mais c’était dans une salle des fêtes et j’ai compris que l’acoustique n’était pas à la hauteur de sa performance. Aujourd’hui, nous préférons organiser ses concerts dans les églises en adaptant tout un concept autour de la mise en avant de l’église, du curé de la paroisse et du répondant qui entretient la bâtisse.

De Belvès au Buisson, jusqu’à Monpazier en octobre, “Patrimoine en Musique” s’inscrit ainsi comme une initiative culturelle itinérante, au service d’un territoire et de ses richesses. La musique s’y mue en révélateur du patrimoine autant qu’en un vecteur d’émotion collective.

Des propos recueillis le 7 avril 2026 par Valentin Nonorgue.