Châteauroux (43) : un Frigo Solidaire afin de faire vivre les valeurs d’un centre socio-culturel

À Châteauroux (43), l’association « ACGCS » (Association Castelroussine pour la Gestion des Centres Socio-culturels) a proposé la mise en place d’un projet de Frigo Solidaire en avril 2019 au centre socio-culturel de Vaugirard. Cela fait suite à un constat de terrain relevé par les bénévoles de l’épicerie solidaire de ce même centre. Au moment des fins de ventes, ils restaient des produits frais avec des dates limites de consommation courtes.

Pour en savoir plus, les équipes de Territoires-Audacieux.fr ont interviewé Sylviane VITELA, salariée au centre socio-culturel de Vaugirard.

Cette association a été repérée lors du « Concours : Initiatives coup de cœur » organisé en collaboration avec Villes au Carré.

Qu’est-ce qu’un Frigo solidaire ?

C’est un outil mis à disposition des habitants afin de lutter contre le gaspillage alimentaire. C’est un frigo qui contient des produits ayant des dates limite de consommation (DLC) et des dates limite d’utilisation optimale (DLUO). Nous sommes partis du constat qu’il restait des produits à la fin des ventes de notre épicerie solidaire. Nous voulions éviter de jeter.

Quel est son objectif ?

Notre Frigo Solidaire est à la disposition de ceux qui en ont besoin. C’est un projet qui est le même que de nombreux autres frigos solidaires. Mais ce qui fait son originalité, c’est qu’il est placé au sein de notre centre socio-culturel. Il permet donc de faire vivre nos valeurs. Premièrement, il s’agit de faire prendre conscience au public de la problématique du gaspillage alimentaire. Puis, avec le complément ponctuel de denrées alimentaires aux personnes qui en ont besoin, le Frigo Solidaire favorise l’entraide. C’est ainsi que peut naitre la cohésion entre les habitants du Grand Quartier (comprenant les quartiers : Saint-Christophe, Les Rochefort, Vaugirard et Belle-Isle). Enfin, son emplacement dans le centre socio-culturel permet aux habitants de découvrir et prendre connaissance des activités et projets de notre structure.

Avez vous pu mesurer les impacts ? Quels retours avez-vous depuis le commencement de l’initiative ?

Depuis la mise en place du Frigo Solidaire, des familles fréquentant le centre socio-culturel de Vaugirard ont utilisé ce dispositif. Le soutien de diverses associations comme Le Resto SolidaireL’assiette, l’épicerie du quartier de Vaugirard et l’épicerie solidaire du centre socio-culturel Vaugirard permet de continuer à le faire vivre grâce à des dons.
Notre souhait serait que les habitants du quartier s’impliquent davantage pour lutter contre le gaspillage en donnant des produits qu’ils ne consommeront pas pour diverses raisons (départ en vacances, goût…). Notre initiative est encore dans sa phase d’expérimentation.


Où avez-vous trouvé le financement ?

Nous avons trouvé les financements par le biais du Fond de Participation Habitant. Ce dernier, est doté financièrement par l’État et les collectivités. Il permet de financer des projets ponctuels qui contribuent au renforcement du lien social dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Quelle est l’histoire de votre association ?)
L’association « ACGCS » a été créée en novembre 2008 en concertation avec la Ville de Châteauroux et la Caisse d’Allocations Familiales de l’Indre afin de gérer dès janvier 2009, les centres sociaux Touvent Grands Champs et St-Christophe. Puis, en 2013, un diagnostic territorial socio-éducatif a été lancé sur tout le territoire Castelroussin. Cela, en vue de réorganiser les structures socio-éducatives de proximité. C’est-à-dire, mutualiser les moyens de toutes les structures (centres sociaux, maisons de quartier…). L’objectif était d’une part de diminuer les coûts et d’autre part de donner une meilleure lisibilité aux usagers en évitant les concurrences sur un même territoire. En 2016, deux nouveaux centres sociaux-culturels intègrent notre association : St-Jean St-Jacques et Beaulieu. La même année, la ville nous demande de développer des activités en direction de nouveaux publics sur certains territoires. Nous avons donc mis en place, dans nos centres socio-culturels des ateliers pour adulte comme des cours de yoga, de peinture. Et pour la jeunesse des Accueils Collectifs de Mineurs (ACM) et de l’aide aux devoirs. Face à cela, notre association subit une croissance rapide qui entraîne une nouvelle organisation administrative et financière ainsi qu’une réflexion sur sa gouvernance.

Propos recueillis par Maëlle Alibert