Agglomération de Colmar : Des poules pour diminuer les bio-déchets

La communauté d’agglomération de Colmar a décidé, dans le cadre de son plan local de réduction des déchets, de fournir aux habitants volontaires un couple de poules. L’objectif est de réduire une partie de bio-déchets récoltés par la collectivité. Mais l’initiative a de nombreux autres impacts notamment sur les liens entre les habitants. Guy Waehren, vice président de l’agglomération de Colmar chargé de la valorisation et de la gestion des déchets a répondu aux questions de Territoires-Audacieux.fr.

Que faites-vous dans la communauté d’agglomération pour réduire les déchets ? 

Nous avons un plan local de réduction des déchets. Nous avons depuis début 2012, une collecte à domicile hebdomadaire de bio-déchets sur toutes les collectivités de l’agglomération. C’est la première grande opération que nous avons lancée suite au Grenelle de l’environnement avec l’appui de l’ADEME. Cela a entraîné une meilleure collecte et du tri pour tous les emballages. C’est une décision politique car nous pensons qu’il est indispensable de trier et de recycler plutôt que d’incinérer ou d’enfouir. 

Pouvez-vous me parler de votre décision de fournir des poules à vos habitants ?

En 2015, sous l’initiative du maire de Colmar, Gilbert Meyer, nous avons décidé de lancer cette opération. Au tout début, plus de 200 foyers se sont proposés pour accueillir des poules. Nous proposions deux poules gratuites par foyer. Nous n’avons pas fourni de poulailler, c’était aux habitant de le faire. Par contre, il fallait être sûr que chaque foyer détienne l’espace nécessaire pour accueillir les poules (entre huit et dix mètre carrés). Cette proposition touche principalement les maisons individuelles et les petits collectifs qui ont des espaces communs. Nous avons fait signer à chaque foyer une charte, avec la possibilité de vérification sur place. Nous voulions être sûrs qu’aucune poule ne soit abandonnée au bout d’un certain temps. Nous connaissons tous les foyers qui ont pris des poules et il y a un suivi de fait. 

Comment avez-vous mis en place cette opération ?

Pour mettre en place cette opération, il fallait trouver les fournisseurs de poule. Nous avons actuellement deux fournisseurs : un qui nous fournit des poules rousses et l’autre qui nous fournit des poules noires d’Alsace.  Il y a deux distributions prévues chaque année : une en mai pour les poules rousses et une à l’automne pour les poules noires d’Alsace. 

Avez-vous pu mesurer les impacts ? 

Il y a à peu près 70 à 80 tonnes de déchets bio qui sont éliminées de cette façon chaque année. Nous en collectons tout de même 4 800 tonnes actuellement sur l’ensemble de l’agglomération (110 000 habitants). Toutefois, l’opération se poursuit et de plus en plus de foyer sont preneurs. Ils sont majoritairement tous satisfait. Tous les deux ans, ils peuvent redemander une nouvelle dotation de deux poules gratuites. Fin 2018, nous avions environ 1200 foyers possesseurs de poules. La nouvelle dotation est prévue le 25 mai prochain à 220 nouveaux foyers. 

Quels autres avantages donnent ces poules ?

Les poules ne sont pas juste utilisées pour manger les bio-déchets, elles font également des œufs. De plus, elles créent un lien de voisinage. Lors des vacances, les habitants ayant des poules s’engagent à trouver un voisin ou un membre de la famille pour s’en occuper. Ça retisse des liens dans les quartiers. 

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer ?

Nous avons eu quelques poules tuées par des renards. Nous sommes une ville mais il y a des quartiers encore maraîchers avec des maisons plus ou moins isolées du centre. Il y a donc une possibilité de prédateurs dans certains lieux. 

Quel est le coût de cette initiative ?

Chaque couple de poule nous coûte 25 €. Dans le cadre du plan local de réduction des déchets, la communauté d’agglomération ainsi que les communes financent les poules. Il y a 20 communes dans l’agglomération dont une quinzaine qui participent à l’opération depuis le début. Nous avons aussi des subventions de l’ADEME pour la communication. 

Propos recueillis par Claire Plouy