Grâce au service civique, l’association des maires ruraux de Haute-Saône s’engage dans la citoyenneté des jeunes

Le Service Civique existe depuis 2010. Il a pour objectif de renforcer la cohésion nationale et de favoriser la mixité sociale en offrant la possibilité aux jeunes de 16 à 25 ans de s’engager pour une durée de 6 à 12 mois dans une mission d’intérêt général. L’association des maires ruraux de Haute-Saône a décidé de demander un agrément collectif afin de proposer aux jeunes de son territoire des missions aux seins des communes.

Jean-Paul Carteret, président de AMRF 70 et maire de Lavoncourt a répondu à nos questions.

Pouvez-vous nous parler de l’agrément collectif au titre de l’engagement de service civique ?

Depuis 2015, l’association des maires ruraux de Haute-Saône a demandé et obtenu un agrément collectif au titre de l’engagement de service civique. Grâce à cela, les communes peuvent accueillir des jeunes qui souhaitent faire un service civique. Aujourd’hui, il suffit de signer quand un jeune veut faire un service civique, et par le biais d’une convention je le mets à la disposition d’une commune. 

D’où vous est venue l’idée ?

Je pensais que l’idée du ministre de l’époque Patrick Kanner était très bonne. Le fait de s’engager pour la société et pour les autres. De plus, les objectifs étaient clairement fixés pour aider les associations et les structures d’accueil. En tant que président des maires ruraux, je me suis dis que ce serait une excellente idée d’apprendre la citoyenneté dans nos communes. Du coup, j’ai obtenu l’agrément du ministère de la jeunesse et des sports de l’époque.

A quel besoin répondez-vous ?

Nous répondons aux besoins des jeunes. Nos missions sont très larges dans leur définition pour que les jeunes comme les communes puissent y trouver leur compte. 

Combien de mission avez-vous mis en place ?

Nous avons mis en place 40 missions depuis que nous avons obtenu l’agrément le 18 septembre 2015

Quels types de missions avez-vous ? 

6 thèmes sont proposés :

  • La Solidarité, avec des missions de soutien intergénérationnel, ou de faire vivre un jardin partagé.
  • L’éducation pour tous, avec des missions de découverte du numérique pour tous ou la mise en ligne et animation du site internet de la mairie.
  • La culture et loisirs, avec des missions pour favoriser les actions autour de la lecture.
  • Le sport avec des missions pour encourager le sport pour tous.
  • L’environnement avec des missions de sensibilisation aux gestes du tri.
  • La mémoire et citoyenneté avec des missions d’accompagnement d’actions de recherche, d’histoires relatives au centenaire de l’armistice, ou encore d’Histoire de la commune de Cubry- les faverney.
  • Avez-vous rencontré des difficultés ?

Les difficultés étaient au début : ce n’était pas facile de rentrer dans le dispositif, mais il ne faut pas se décourager. Nous sommes bien aidés par le service jeunesse et sport de notre département, qui est en charge de ce dossier. Maintenant que nous sommes dans le dispositif, il n’y a plus qu’à signer les conventions. Une autre difficulté est de trouver des jeunes dans nos territoires ruraux. Pour améliorer cela, nous travaillons avec les missions locales. 

  • Comment cela vous-coûte-t-il ?

L’État paie 472,97 euros du salaire. La commune doit payer les 107,66 euros restant.  Toutefois, l’État rend à la commune presque l’équivalent pour aider ou dédommager le tuteur ou la tutrice et payer les formations. Avec cela, ça coute 110 euros en tout à la commune par service civique.

  • Quels conseils donneriez-vous à un territoire essayant de faire la même chose que vous ? 

Je conseillerai de le faire. C’est un système gagnant-gagnant. Gagnant coté jeune car nous l’aidons à faire un engagement citoyen. De plus, c’est une expérience qui peut se valoriser sur leurs CV.  Gagnant pour la commune car certains jeunes amènent leurs compétences. Une fois nous avons eu jeune qui faisait des études de cinéaste et qui a fait un reportage sur la commune. 

Propos recueillis par Claire Plouy